ALKEBULAN, septième production littéraire de Philippe Ewane, est incontestablement un véritable délice. Une série de poèmes écrits dans un genre prosodique auréolé de figures de style. Encore une fois, je mets ici en exergue la beauté artistique de la langue de Molière à travers des descriptions émouvantes des paysages, de la nature, des faits sociaux sous forme des pamphlets, mieux, des diatribes, dans des thématiques fortement engagées et moulées de manière délectable et irrésistible. ALKEBULAN, est véritablement un recueil spécial de poésies qui regorgent de plusieurs formes poétiques à constructions diverses: poèmes à rimes, métaphores, allitérations, ode, ballade et de temps en temps des alexandrins. Pour corroborer le tout, un vers libre vers la fin et en bonus trois formes poétiques typographiques assez rares que les poètes ne pensent plus greffer à leur registre : l’avalanche, l’acrostiche et le calligramme, qui constituent un décor poétique extraordinaire.
L'avalanche encore appelée boule de neige, est une forme poétique dont le jeu stylistique consiste à écrire un poème structuré de la manière suivante: le premier mot formant le premier vers, compte une lettre, le deuxième, deux lettres, le troisième, trois lettres, le quatrième, quatre lettres, le cinquième, cinq lettres et ainsi de suite jusqu'à la fin, en fonction de l’inspiration et de la longueur que l’auteur voudrait donner à son poème. L'acrostiche est ce type de poème dont on peut lire le nom de l’auteur ou du dédicataire dans un mot formé des initiales de chaque vers. Il ne serait pas superflu de faire aussi allusion au calligramme, cette autre forme poétique qui connaît une structuration particulière : ici, il y a un souci réel de la mise en forme visuelle; les lettres et les mots du texte du poème forment un dessin en relation avec le contenu de la thématique du poème.
Ces formes poétiques typographiques ainsi éditées sous ma plume, constituent une beauté artistique d’un genre particulièrement envoûtant, qui ne laisserait personne indifférent, notamment les mordus de la langue de Molière. Pour paraphraser un de mes lecteurs, un style poétique faisant penser à Victor Hugo, cet érudit de la poésie française, qui en son temps, à l'âge de 14 ans déclare: “je serai Chateaubriand ou rien”.