Notes pour Aria Guetter - consigner dans l'attente la notion de probabilité d'apparition. Acter chaque jour ou presque que des lieux élus (ou un lieu pluriel), assidûment fréquentés, auront comme harponnés la langue, la forçant alors à reconsidérer son chant - son ton, tantôt raidi, tantôt assoupli, et droit dans les yeux changeants des lieux, assujetti à leurs humeurs variables, son rythme qui assimile les noeuds d'émotion. En faisant office de ponctuation, les lignes déliées et sinueuses de la plasticienne Tomoko Kitaoka viennent renforcer l'étoilement dans lequel se trouve parfois piégée la langue du poème, elles sont têtes chercheuses et tendraient à connecter, dirait-on, des coups de foudre simultanés.
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Mathieu Nuss est né en 1980, il vit et travaille dans la région parisienne. Depuis 2013, il codirige Larevue qui paraît une fois l'an, et collabore régulièrement aux revues CCP, Po&sie, Rehauts. Ses parutions récentes sont Au beau fixe, Obsidiane (2013), Atterrassement, La Canopée (2016), Ambulatoires, Fidel Anthelme X (2017), Arrosé l'arroseur, Rehauts (2017) et Ainsi ces crochets X, Julien Nègre éditeur (2017), et Alité ma non troppo, L'étoile des limites, 2019. Le 7 juin 2010 a été créée Jachère aidant (Cantate pour voix, ensemble et électronique de Gérard Pesson) au Centre Georges Pompidou, dont il a écrit le livret, un enregistrement est paru en 2018 sur le label NoMadMusic.
aria (1)
(prêt-à-manger, paris 13) les ondes téléphoniques bafouillent
de je d’il de tu
d’elle apportant tout de même pour samedidimanche
une réponse r e s p i r a t o i r e
(cousances-les-forges) en demeure cet
appétit d’oiseau mirabellier orphelin dont les fleurs n’atteindraient pas en l’août le
sans-plomb immobile de la tondeuse l’herbe dans laquelle maintenant perd pied :
perdre 3 mois de parole d’envies diverses tout « tout » absolument ayant viré au même
(même code d’accès à la chambre funéraire) (mêmes beaux draps même lit de glace
branché sur secteur) (livre de doléances) & les beaux draps qu’on nous laisse ad
patres
à présent à jamais le pèse-personne sur 0
(bologne) tous les âges passent sous la même arcade sourcilière le nord n’oriente
rien d’un quelconque sens de lecture seules
les branches du saule ont l’intuition bienvenue
soleil incliné coulissant du haut des 97 mètres de la tour asinelli
coucher de sa voix off en une fixe débandade
(cousances-les-forges) constater que les éléments du vide ont migré
dépourvue de couleur mais si belle de sembler colorer à ce propos tu dis la peau
jamais ne refuse ce que lui prodigue
le soleil : ultraviolets a &/ou b
sentir que même de vide en vide la corne
s’est épaissie sous les pieds
(vallée de la speyside) ce qu’il vente ce phrasé éjecté d’un tee qui roule
enroule houle déroule s’élève dans les airs écossais reste hyperbolique en vie
avant de retomber ahuri sur un green sans sortie de zone ni maladresse d’exécution
(cousances-les-forges) les 63 lunes de jupiter
par trop forcée l’abstraction
réelles ou pressenties les secondes de ciel pliées dans les vitres
(bord blanc uni)
boomerang sur le rasé de près sur des hectares de frères&soeurs
une demeure
qui ne répond plus au téléphone
des touffes d’herbe marbrent graviers
seules entre elles à se déranger
trébuche le râteau sans dehors qui réponde aux appels répétés
(paris) avril bascule dans le vert plomb il y est
question de points de départ de dimensions d’oiseaux en manque encore d’un peu de
bleu
craque de partout le calendrier qui n’en finit pas de manifester
son besoin semestriel de grand nettoyage de printemps
(cousances-les-forges) nomadisme sur graviers
froids avec l’herbe tondue du coeur en
surnage à 3 mois de pouvoir parler
(villejuif) 1 + 1 pavillon en moins plaques ba 13 platras ferreux lopin aménagé pour
h.l.m. (pas sûr) futur à presque regretter l’expansion passée de pissenlits
fatiguée d’exposer : la fenêtre se couche
dans les nuages bientôt une pluie au demeurant atlantique tire
la langue
(ljubljana) chauve-souris d’un trait filant petit-déjeune
de moustiques
dans un gris-nuit-tombant qui l’avale
(cousances-les-forges) attaque cérébrale (ou à très peu près)
aurait absolument tout visité des branchages potiches & des stores
s’ensuivent 3 tons de ciel faussement différents
transpiration froide du mur porteur
la joie qu’on était tous
(ljubljana) lassitude si belle l’été qu’elle devient la pièce en plus
scan panoramique pour piétons piqués sur des biais de plate-bande
l’adresse imprécise toujours chauve sur les épaules
(paris) les pièges à nuisibles mènent la vie dure aux nuisibles temps durs à chacun son
temps légal de souffle chacun sa réalité traîne-savates dans le jour fermé à 20 heures
des parcs
(thaï tawan, paris 13) jouir : eau plate ou eau pétillante
cheveux mi-longs déjà longs dans la répétition des selfies
une pomme bouche ouverte :
jouir au fond de s’en sortir si bien
(ce siècle a plus de 15 ans) etc etc
etc est cet enracinement de jours toujours rimés aux mêmes rames
(cousances-les-forges) en prévision d’un temps de bois mouillé d’une lune à l’autre
le sas sera de chêne la posture bras croisés disponibles sur le torse
– oui beau ce chêne qu’on dirait frappé de moments d’absence
terre à son âme à son cou cerné de respirations rigides
(carbone eau donc hydrogène léger)
(l’arobase café, paris 13) tu dis ne pas aimer les mots en italique
qu’ils semblent gréement dans la page (= mouchetures maladroites d’infimes vagues)
mais c’est nécessaire parfois d’écrire maladroitement
tu dis que contrairement à un mot noyé
un mot-baigneur avance droit
(prêt-à-manger, paris 13) absorbant absorbées des déjeuners d’autres
toutes les voix continuent ensemble de vieillir
(une odeur de bel canto suinte des viennoiseries) qui emportent
chacune à sa manière sa décennie de chaleur adolescente (…)
– voilà qu’à l’heure est passée l’eau de la seine sans que je la vive sans que je réalise
nettement ses intentions de débords
(ljubljana) stéréophonique le bleu le temps
qu’il prenne deux trois regards sur son dos
qu’il s’attarde à ne pas pleuvoir
(île-de-france) circulation automobile déraisonnable
au 1er plan du poème
l’orageuse coulée difficile de s’extraire d’un à-quoi-bon-à-quoi-à musique (!) me dit
que lorsque l’on a l’ouïe acérée d’un loup on doit montrer ses oreilles
(côme) lecture du carrelage la surface lisse dure qui dure aux murs de la pizzeria
une demi-heure durant quant à y crocheter un éclat une ponctuation est une autre
affaire
(thaï tawan, paris) quelle capacité en pensée de patienter
de rapatrier des bois extraordinaires de lit d’écrire malhabile me passionne car s’agit
de ne pas toujours tomber dans le panneau du sens /
direction minuit toute
l’envahisseuse pensée traînant pour barda sa compotée de questions qui n’ont rien
prévenu un peu lâches qui parlent bas dans la barbe de 3 jours
(cousances-les-forges) contention directe : tutus
d’abeilles hélas collant au miel finissant
au flash malgré saison les photos faux-bourdonnent dans le fâné
(varèse) à 4 pattes sans doute y voir plus net
en lézard surtout plus instinctivement
chapelles qui détaillent leur virage puis versant le vertige
descriptif pousse à devenir vraiment sportif
(beaune) une étoile rouge une bleue le soleil moyennement chaud
au milieu paresse y bronze paresse oui c’est le mot
(varèse) aplat d’une canicule (bonne pour la pierre pas pour le corps ) qui bat aux
tempes du sacro monte
(la rochepot) depuis falaise calcaire qui fut récif corallien un pouf
d’air où piquer tête où sauter (ou pas) avec son ennui voix fracassée
(ou pas) dans l’accident de syllabes
(thaï tawan, paris 13) dans l’écriture subsiste continuel le verbe veiller
arrive ce qui arrive souvent il s’agit de veiller sur 2 affaires à la fois parmi une
circulation d’âmes en peine alternée dans l’ébat + ou - déclinant que l’on devient
(cousances-les-forges) samedi blanc des 2 côtés de la toiture avec
troublantes ces abeilles qui communiquent par la danse
le ton durci du jour n’en livre aucune clé
(paris) qui n’a pas idée de notre faiblesse
:
un obélisque pointe l’ozone
les ailleurs hébétés qui sauteraient du coq-à-l’âne
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