Mon voyage en Amérique/Le retour (L'Imaginaire)

Cendrars, Blaise

 
9782070148103: Mon voyage en Amérique/Le retour (L'Imaginaire)

Synopsis

Premier texte autobiographique de son auteur, ce Journal d'une traversée de l'Atlantique donne l'occasion à Freddy Sauser, futur Blaise Cendrars, de faire l'inventaire de ses espoirs, de ses hantises et de ses lectures. Sur le Birma, il s'arrange pour ne jamais rencontrer l'"ostrogoth qui partage [sa] cabine". Vivant donc sur le pont, il observe l'océan qu'il associe à l'agitation de son âme. Sur un mode baudelairien, il perçoit le voyage comme un espace-temps suspendu. La contemplation de la mer - il compare les "collines" d'eau au "balancement gracieux des mammouths" - convoque une foule d'associations artistiques, et sous la plume du jeune écrivain défilent oeuvres et d'auteurs : Odilon Redon, Léonard de Vinci ou Ferdinand Hodler en peinture, Bach, Mozart et Beethoven en musique et, en littérature, Remy de Gourmont, Huysmans, Baudelaire, Verlaine, Maeterlinck, Maupassant. Ces jeux de reprise et de couture qui resteront sa marque sont nombreux dans ce premier écrit, rattachant l'écrivain en devenir à ce "jeu de miroirs littéraires dont Cendrars a très bien vu qu'il était la littérature même". Faisant diptyque avec Mon voyage en Amérique, Le Retour prend lui aussi la forme d'un cahier de notes. Mais le contraste est fort : oubliés l'orgueil et l'exubérance de l'aller, tout lyrisme a disparu. Confronté à lui-même, rentrant seul, le voyageur désabusé s'identifie à tous les "fatigués d'Amérique". Plus tard, en 1950, il confiera qu'à New York, en 1912, il mourait de faim mais "apaisait [s]a furie d'apprendre" en s'enfermant à la Central Library. Le jour de Pâques, la bibliothèque étant fermée, il était entré par hasard dans une église de la 5e avenue où se donnait La Création de Haydn. Et c'est à la suite de cette audition qu'il avait écrit, d'une traite, le poème qui signera son entrée dans l'avant-garde parisienne : Les Pâques à New York.

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About the Author

Romancier, poète, grand voyageur et grand reporter d'origine suisse naturalisé français, Blaise Cendrars (1887-1961) publie ses premiers poèmes à partir de 1912 (Les Pâques à New York, La Prose du Transsibérien). Blessé au combat, il est amputé du bras droit en 1915. Dans l'entre-deux-guerres, il publie notamment L'Or (1925) et Moravagine (1926), deux succès mondiaux. Après la Seconde guerre mondiale, il se tourne vers des récits d'inspiration autobiographique (L'Homme foudroyé, La Main coupée, Bourlinguer) et participe à des programmes radiophoniques réputés. Son oeuvre est disponible aux Editions Gallimard et Denoël.

From the Back Cover

"J'ai eu le courage de parcourir le bateau, de visiter les émigrants, de descendre aux cales. Et tandis que partout ce n'est que pleurs et grincements de dents et récriminations, tandis que tous à genoux récitent, en commun, des prières et des psaumes - juifs, protestants, catholiques, orthodoxes, mahométans, persans - réjouissant baragouinage - je les méprise encore plus avec leur Dieu, même au bord de la mort et jusqu'en plein naufrage. Ce cri d'une actrice : "Pourquoi allons-nous en Amérique ? Nous pouvions bien aller ailleurs, etc." C'est cela. Ils y vont par nécessité, ces bêtes à gain ; moi, par nonchalance ; brouter du travail, ruminer de l'argent ; moi, jouer à l'amour, cueillir des aphorismes, un peu de ce rien, qui, poudroiement d'or, fait tout mon être."

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